30.9.06

Quand Google défie l'Europe - Jean-Noël Jeanneney

Mr Jeanneney, historien, président de la Très Grande Bibliothèque de France, ex Secrétaire d’Etat nous fait partager de façon vibrante et assez convaincante son analyse des conséquences de l’annonce faite par Google fin 2004 de leur volonté de numériser la totalité des ouvrages papier disponibles, en commençant par les Etats-Unis. Le projet est connu sous le nom de Google Print.

L’auteur explique brillamment en quoi cette annonce, au départ passée quasi inaperçue, peut durablement affecter notre vision et héritage culturels, en particulier en Europe, et laisser une place supplémentaire à une sournoise domination de nos amis états-uniens.

Il nous est expliqué en quoi cette démarche, fondamentalement anglo-saxonne, la perfide Albion ayant décidé de s’y joindre en partie, contribuera à renforcer la domination sur le net de la langue anglaise au mépris de toutes les autres langues et en quoi l’annonce faite par Google d’une traduction automatisée dans les principales langues a de quoi faire frémir quand on voit le résultat de la traduction en français de l’annonce Google Print faite par l’outil.

La démarche de Google est loin d’être innocente. Outre le fait qu’elle va permettre d’augmenter le déséquilibre entre les fonds bibliothécaires américains d’un côté et non américains de l’autre, elle cherche à asseoir une domination totale de Google comme moteur de recherche en balayant Yahoo, MSN et les quelques autres avec tous les risques de retour de bâton dus aux lois anti-trust US et européennes.

Du fait du modèle économique même de Google quant au référencement de liens commerciaux (les liens grisés en haut de page et ceux à droite qui apparaissent lorsque vous avez entré vos critères de recherche), seules les sociétés ayant les reins les plus solides financièrement pourront se faire référencer ne laissant aucune place aux autres, et en particulier, aux européennes. Les sociétés américaines ont de grandes chances de s’y tailler la part du lion.

Les mécanismes de numérisation étant a priori par scan en objet image et non par texte en format html, seuls des extraits courts pourront être consultés laissant l’internaute face à une surabondance d’informations inexploitable et le coupant de la vision globale indispensable à la compréhension du contexte où se situe le passage cité.

Mr Jeanneney attire notre attention sur les risques liés à une disparition éventuelle de Google et aux conséquences qu’elle aurait en matière de droit d’accès à l’information sans compter les garanties que Google compte offrir pour maintenir la pérennité de l’information ainsi numérisée.

L’auteur, dans un grand mouvement gaullien, invite l’Europe à réagir et à se donner les moyens de lancer son propre outil de recherche et de stockage d’information culturelle et scientifique pour faire contrepoids aux Etats-Unis et assurer la survie culturelle du vieux continent.

Un livre intelligent pour réfléchir aux impacts des globalisations y compris culturelles, fort en vogue dans les grands groupes (et je sais de quoi je parle pour y avoir participé professionnellement pendant ces 15 dernières années) et pour éveiller sa conscience sur les arrière-pensées commerciales et politiques qui animent un certain nombre d’éditeurs américains. A charge pour chacun de se déterminer en toute conscience.


111 pages – Publié aux éditions Mille et une nuits

23.9.06

Les Petits-Fils nègres de Vercingétorix – Alain Mabanckou

Un bien intriguant titre pour un bien étrange roman. Il est des livres qui nécessitent que l’on prenne le temps d’y entrer, dont le rythme lent s’accélère, tout à coup. Le dernier roman d’Alain Mabanckou, écrivain congolais vivant en Californie et récompensé en 1998 du Prix littéraire de l’Afrique Noire pour son livre « Bleu-Blanc-Rouge » demande patience et persévérance. Ce n’est qu’au bout de 200 pages que les êtres et les évènements se révéleront enfin, précipités qu’ils sont par des évènements qui les dépassent. Une lenteur voulue, qui permet de glisser peu à peu dans l'horreur, au fur et à mesure que les souvenirs jaillissent, que les fils de l'histoire s'assemblent.

D’ailleurs, est-ce vraiment un roman ? N’est-ce pas plutôt une version à peine romancée d’un de ces génocides qui ne disent pas leur nom et dont l’Afrique accouche si régulièrement sans que le monde occidental ne s’en émeuve particulièrement.

En tout cas, une belle histoire d’amitié entre deux femmes, Hortense et Christiane, que tout oppose a priori dans ce pays nommé « Vietongo ». L’une vient du Nord, l’autre du Sud, distant de plus de mille kilomètres. Même pays, fait de langues et cultures différentes, qu’un Président démocratiquement élu parvient, en apparence, à conserver uni. Ces deux femmes sont mariées à des hommes venus de l’autre bout du pays et constituent ce que nous appellerions ici des couples mixtes. Des couples qu’il a fallu imposer aux familles arc-boutées sur leur perception ancestrale de l’autre qui ne peut qu’être inférieur, primitif. Des couples récupérés par les autorités locales pour glorifier l’unité patriotique.

Jusqu’au moment où tout bascule et que l’ex président, Nordiste, vaincu cinq ans plus tôt aux élections, reprenne le pouvoir par les armes à l’équipe, Sudiste, élue. Rapidement, la chasse à l’autre camp est ouverte et tous les prétextes sont bons pour tuer, rabaisser, emprisonner ceux de l’autre partie du pays qui n’auraient pas eu la bonne idée de fuir.

Un génocide s’en suivra quand la milice, Sudiste de l’ex Premier Ministre qui profite de la non connaissance du peuple de l’histoire des colonisateurs français pour endosser l’habit glorieux du Vercingétorix de Gervovie recevra l’ordre de tuer et scalper tous les Nordistes se trouvant sur son chemin.

Les deux couples n’y résisteront pas et connaîtront, chacun à leur manière, une fin indigne et horrible. Le tout raconté, dans l’urgence, sur un cahier de notes rempli de nuit, à la lumière d’une bougie, par Hortense en fuite. Un cahier pour dire, pour laisser une trace, pour ne pas permettre de prétexter qu’on ne savait pas. Un cahier de mémoire, fait d’images plus ou moins fugaces, de souvenirs heureux ou douloureux, construit en rapides chapitres, souvent décousus, témoins de la façon dont la mémoire se manifeste. Une langue simple pour dire les joies et les peines d’une vie qui aurait pu être simple. Un livre qui frappe, en douceur, pour éveiller vos consciences.

Un livre à découvrir à partir du moment où vous acceptez d’en prendre le temps et de vous laisser porter par un récit lent et en apparence peu structuré, jusqu’à ce que la vérité jaillisse. Un ivre pour découvrir Alain Mabanckou, un auteur africain qui s'impose peu à peu dans le paysage littéraire d'expression française.

263 pages – Publié par Le Serpent à Plumes

Floraison sauvage – Aharon Appelfeld

Imaginez un instant que vous héritiez d’une pauvre masure, isolée de tout au sommet d’une colline, de quelques arpents de terre, d’une vache, d’un couple de chiens et surtout d’un dérisoire cimetière à entretenir, lieu saint de pèlerinage en souvenir du sacrifice du peuple d’Israel.

C’est ce qui arrive à Gad et Amalia, frère et sœur que la vie a, peu à peu dépossédé de tout : parents morts de maladie, frères et sœurs emportés par le typhus, magasin familial vendu pour rembourser les dettes, mariage et éducation impossibles.

A travers une langue d’une extrême sobriété, Aharaon Appelfeld bâtit une histoire faite de courts chapitres où rêverie, piété, renoncement, joies simples, duperie, hallucination se succèdent pour mieux faire fuir ces journées qui s’étirent sans fin. Une succession de pages savamment construites pour nous faire habiter les angoisses qui hantent Gad et Amalia.

Un lieu fréquenté, de moins en moins, par quelques improbables pieux pélerins sur de courtes périodes l’été. Un lieu où l’hiver n’en finit pas, rendant toute activité impossible, figeant le temps et ramassant les êtres sur eux-mêmes jusqu’à l’irréparable.

Un lieu vide de toute société. Un vide qu’il faut à tout prix combler. Par l’alcool, la slivovitz, l’alcool divin, dont la consommation, modérée puis débridée, aide à affronter la misère absolue.Puis la vodka qui abrutit quand la boisson tant convoitée vient à manquer. Boire à tout prix pour résister, pour tenir.

Un lieu qui vous met l’âme à nu et où l’abandon total oblige à chercher refuge dans la folie, l’ivresse, le désespoir, le travail abrutissant simplement pour donner un sens à ce qui n’en a plus ou presque.

Une prison qui révèle à l’amour, transcendé puis physique, brutalement quand la force du désir emporte tout, entre cet homme et cette femme pourtant frère et sœur mais parce que c’est la volonté de Dieu et que Lui seul pourra en juger.

Un livre sans reproche et sans espoir où tous les repères s’estompent un à un, au fur et à mesure que le temps passe et que l’isolement des êtres implique alternance entre exaltation et désespoir.

Une épreuve à traverser pour se dépouiller du peu qu’il restait, y compris de son âme, y compris de ses valeurs. Pour tomber dans le néant absolu tout en ayant affronté ses peurs infantiles et après s’être dit, enfin, ce qui était resté enfoui, par convenance et par peur.

Une lente descente aux enfers, d’une grande violence psychologique, inéluctable superbement illustrée par des dialogues aussi courts qu’hallucinés. Un livre poétique et essentiel, aussi pur que les sentiments de ces deux pauvres jeunes gens oubliés de la vie mais que la vie n’épargnera pas.

259 pages – Paru aux Editions de l’Olivier

La grande peur dans la montagne – Charles-Ferdinand Ramuz

Connaissez-vous Charles-Ferdinand Ramuz ? Pour ma part, j’avoue que si un proche ne m’en avait pas parlé, j’aurai sans doute passé le reste de mon existence dans l’ignorance de cet auteur suisse, d’expression française, de la fin du XIXe début du XXe siècle.

Il est vrai qu’il ne s’agit pas d’un écrivain majeur, loin s’en faut. J’avoue d’ailleurs que cette « Grande Peur dans la Montagne » m’a laissé sur ma faim. N’en déplaise à Monsieur Jacques Chessex, auteur d’une préface érudite mais que j’oserai prétendre surfaite. Pourtant, tous les ingrédients étaient là pour réaliser un roman fébrile, hallucinatoire, au sens propre, fantastique dans la lignée d’un Edgar Poe.

Une malédiction, vingt ans plus tôt sur une équipe de vachers partie dans les alpages qui connaîtra mort et infortune. Depuis, plus personne ne s’aventure sur cette herbe verte et grasse car « Il » guette. Le temps passant, les jeunes prenant le pouvoir municipal et nécessité faisant loi, voici qu’une gentille expédition va se mettre sur pieds pour mener le troupeau excédentaire du village paître en toute tranquillité. Fête et tradition populaire à l’encan.

Mais voilà, laissez enfermés sept hommes dissemblables dans un chalet au confort sommaire, en altitude, laissez les phobies agir, les vieilles peurs poindre et bientôt l’enfer apparaîtra, les volontés se déliteront, la panique règnera emportant tout, y compris le village, sur son passage. Un livre sur les ravages de l’hallucination et l’hystérie collectives où tout acte logique se dérobe à la volonté affirmée de voir la manifestation du Mal, la vengeance de la montagne qu’on a osé braver. Un livre sur la nécessité d’interpréter une série malencontreuse d’accidents par la puissance supérieure d’un Etre vaguement humanoïde.

Un livre où chaque séquence majeure est ponctuée par une couleur particulière de la montagne, rendue monstrueusement caractérielle. Un livre où bruits et silences ont pour rôle de prévenir le lecteur attentif de l’imminence d’une nouvelle catastrophe. Ce sont les plus belles pages de ce petit roman, sans doute possible.

UIn livre malheureusement desservi par une écriture quelque peu apathique, une lenteur consciemment voulue, celle qu’ont les pensées de ces rudes paysans à se former, mais qui à force de répétition finit par nous lasser. L’ennui guette vite y compris le lecteur.

Tous les ingrédients étaient pourtant là pour faire de ce livre une réussite mais la recette en fut gâchée… A quand la version relookée XXIe siècle ?

185 pages – Le Livre de Poche

16.9.06

Morituri - Yasmina Khadra

Morituri – Yasmina Khadra

« Saigné aux quatre veines, l’horizon accouche à la césarienne d’un jour qui, finalement, n’aura pas mérité sa peine. Je m’extirpe de mon plumard, complètement dévitalisé par un sommeil à l’affût du moindre friselis. Les temps sont durs : un malheur est si vite arrivé.»

C’est par une phrase d’une construction et d’une sophistication rares, immédiatement suivie de deux autres mêlant argot et mots du quotidien, dans un decrescendo littéraire pleinement conscient, que commence « Morituri ». On est tout de suite pris dans l’ambiance, happé par un style original qui appelle sans regret possible à en savoir plus.

« Morituri » est un amalgame brillant de lignes fulgurantes par la beauté de leur construction, toute faite de l’étrangeté des associations de mots, non de leur rareté, combinées à des passages orduriers afin de mieux vous clouer sur place. Un va et vient permanent entre le beau et le laid, l’intelligent et le bas, l’élévation de l’esprit et la turpitude terroriste, l’élégance d’un engagement honnête et désintéressé face à l’horreur des tueries aveugles. Un style houleux pour montrer une société qui bascule, qui ne sait plus à quoi se raccrocher, en perte de tout repère.

Un livre, sur fond de roman policier pour excuse, pour dire le mal profond qui mit l’Algérie à feu et à sang pendant les dix années les plus noires de son existence. On y traverse les ghettos où l’on se fait la guerre, par marionnettes interposées, les riches manipulant les pauvres, les pauvres tuant les encore plus pauvres pour rendre les riches encore plus riches, ne comprenant rien à ce scénario qui les dépasse.

Des mots crûs qui dévoilent les dessous du terrorisme et de la guerre civile, montrent sans concession la totale collusion entre le pouvoir civil, politique, économique et les leaders du terrorisme algérien. Une façon comme une autre de créer les conditions pour accaparer l’attention afin de mieux mener, en toute tranquillité et impunité, ses petites affaires et se bâtir, au frais de l’Etat et de la communauté internationale, des empires personnels inexpugnables. Rarement les coupables payent grâce à la corruption généralisée, tout le monde tenant tout le monde, souvent de façon sordide.

Il faut le courage, la foi, la loyauté désintéressée du commissaire Llob, double littéraire de Mohammed Moulessehoul, lui-même double, réel, de Yasmina Khadra, pour faire tomber quelques gros bonnets qui tirent les ficelles terroristes.

Des répliques aussi cyniques que l’attitude qu’elles condamnent, une descente aux enfers, au prix de vies amies, pour tenter de contenir l’horreur, de faire cesser les assassinats gratuits, ceux des gamins parce qu’ils vont à l’école, « et des filles que l’on décapite parce qu’il faut bien faire peur aux autres. »

Un livre à vif où un humour noir vous percute de façon récurrente pour vous propulser jusqu’à la prochaine station de l’horreur, histoire de savoir qu’on y a survécu, par dérision.

Pour comprendre pourquoi ces dix années de tuerie aveugle en Algérie, les mécanismes et les enjeux occultes. Un peu superficiel peut-être mais terrifiant, dévoilant juste ce qu’il faut d’ombre pour en frissonner d’horreur.

183 pages – Publié par Folio Policier

9.9.06

Le Grand Huit - Thierry Vimal

Rien à voir avec la fête foraine. Le Grand Huit c’est ce que vous éprouvez après avoir abusé du Panoramix ou du Playboy. Toujours pas compris ? Simple : le Grand Huit c’est l’expression utilisée dans le milieu de la défonce pour décrire la sensation d’aspiration, d’accélération, de vertige, de nausée et d’effroi éprouvée lors d’un trip violent après absorption de substances toxiques le plus souvent combinées. Une montée douce, une accélération violente, une descente qui n’en finit plus…Une image pour dire qu’une fois embarqué, il est impossible d’en sortir. On ne contrôle pas le bouton stop, c’est un autre qui décide pour vous et du moment et de la nature de l’arrêt, plus ou moins brutal. Souvent brutal.

Le livre de Thierry Vimal (voir ma note dans ce blog en août sur Huit Millimètres), on y entre par mégarde ou curiosité et on ne peut plus le lâcher. Il faut le consommer d’urgence, page après page, pour comprendre la spirale infernale qui se met en route quand on franchit le cap. D’abord des joints, puis de la coke, ensuite, très vite, de l’ecstasy. Les doses augmentent car le corps s’habituent. Le monde autour de soi est tellement merveilleux, tellement calme, les êtres tellement cools et souriants que le quotidien en devient insupportable. Il convient alors de se précipiter au plus vite dans le seul qui vaille la peine d’être vécu, celui des paradis artificiels. Alors les mélanges commencent, l’alcool fait son apparition pour décupler les effets, pour gérer l’entre deux prises, compenser les marchandises coupées ou frelatées. Avec un peu de chance, vous échapperez aux acides, et encore…

Un livre terrifiant, vécu de l’intérieur par un homme qui sait clairement de quoi il parle, terrifiant mais beau, terrifiant mais tentant comme tout ce que le monde la nuit met à votre portée, si facilement.

Un livre qui permet aux quadras comme moi de comprendre pourquoi nos enfants y passent, parfois, trop souvent, toujours ? Un reportage choc mais tendre, violent et rassurant puisqu’il témoigne qu’on peut en sortir, malgré tout. Différent sans doute après, mais vivant, réintégré, plus ou moins.

De superbes pages, dans leur jus, écrites avec les mots utilisés par ceux qui y sont, comme souvent avec Vimal, dans un style une fois de plus spécifique. Je pense à l’hallucinante description du super trip sur fond de techno dans ces boîtes branchées du côté de Nice, à ces soirées rave où tout circule, la musique à fond, la transe devenant la règle, à ses engueulades/fous rires.

Derrière la scène, les règles non écrites aussi, les liens étranges entre dealers et consommateurs, la connivence familiale, plus ou moins forte, la course au « minssc » (le fric), la fête permanente, les couples, leurs ruptures, leurs rabibochages. La violence verbale ou physique, oubliée sur le champ, tuée par l’abus de drogue, d’alcool et de Lexomil, pour se calmer en douceur. Le besoin incessant de parler de dire ce qu’on a éprouvé pour partager, pour exister, pour créer un lien social.

Un monde de folie, sous nos yeux, à nos portes, que Thierry Vimal nous décrie une fois de plus avec un extraordinaire brio.

A lire pour comprendre et parce qu’on est tout simplement captivé, immédiatement.

252 pages – publié aux Editions de l’Olivier

2.9.06

C'est la rentrée

Un peu bousculé professionnellement parlant en ce moment avec le lancement commercial d'une start-up dont j'ai la responsabilité, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour poster de nouvelles notes.

Bon, c'est reparti. Un certain nombre sont rédigées et vont être publiées dans les prochains jours. Nous ouvrons le bal avec le dernier ouvrage de Michel Quint. Superbe.

A venir sous peu, Charles-Ferdinand Ramuz (vous m'épaterez si vous connaissez), Thierry Vimal encore (j'adore), Alain Mabanckou (auteur franco-congolais), Géraldine Maillet (frapadingue !), Yasmina Khadra (Morituri) et plein d'autres encore.

Bonne rentrée à toutes et à tous !

Merci pour vos mails, n'hésitez pas à poster des commentaires en ligne.

Bien cordialement,

L'espoir d'aimer en chemin - Michel Quint


Petit livre, grande émotion.

Surtout connu pour son best seller "Effroyables Jardins", Michel Quint nous délivre ici un livre intimiste et douloureux. Un livre sur la difficulté d'aimer et d'être aimé quand on a été abandonné par une mère qu'on vous a dit morte, élevé par un père dont vous découvrez, adulte, les puantes magouilles et que la femme que vous savez aimer, encore aujourd'hui, a disparu, subitement, sans laisser de trace.
Un livre de reconstruction, où un marionettiste accepte enfin de faire face à lui-même, en laissant parler ses deux marionettes au départ pour un enfant dans le coma, improbable tentative pour le ramener à la vie. Très vite une autothérapie, lente destruction d'un équilibre fragile et impulsion vers un avenir assumé et plus fort.
Un livre bouleversant que vous n'êtes pas prêt d'oublier.144 pages - publié par Editions Joelle Losfeld

24.8.06

Acouphènes - Géraldine Maillet

« Un moment pour nous où elle oublie qu’elle trop grosse, trop sourde, trop mère, trop endettée, trop seule. »

C’est sur cette phrase que Géraldine Maillet, mannequin qui n’en est plus à son premier essai littéraire, achève sa dernière livrée avec « Acouphènes ».

Une phrase qui résume bien l’atmosphère de l’ouvrage. Il existerait donc peut-être une faible lueur d’espoir, au moins temporaire et fugitive, derrière le monde sans pitié qu’habitent les personnages. Ce monde, c’est le nôtre. Le vôtre. Celui où les pères partent sans laisser d’adresse, où la maladie décime les êtres chers qui vous entourent jusqu’à vous en donner le dégoût, à vous foutre la honte, à se haïr pour l’amour qu’on en a encore, à fuir en haïssant ce que nous ne supportons plus, jusqu’à revenir, nous-mêmes, honteux de nos propres sentiments. Un monde sans repères.

Un monde où rien ne dure, surtout pas le bonheur. Un mode où tout et tous vous trompent sauf les saltimbanques en marge de la société et qui savent faire d’un rien un moment de plaisir, pour oublier, pour exister ensemble au moins.

Un monde où tout bascule : belle femme lâchée par la maladie (les acouphènes évoqués ici sous leur forme extrême provoquant une quasi-totale surdité), le boulot parce qu’exercer comme médecin généraliste en étant sourd est tout sauf une évidence, le confort et les beaux appartements parce qu’on ne peut plus les payer, les mecs qui défilent pour compenser et croire encore qu’on peut séduire, malgré toutes les évidences et l’obésité (les cortisones) que l’on refuse de voir, la confiance qu’on a envers ceux qui disent nous aimer. Un monde de totale instabilité, en sursis.

Ce livre n’est qu’un cri de douleur, une déchirante détresse d’une fille envers sa mère qui la voit déchoir, sans réel espoir d’arrêter cette spirale infernale. Une fille en prise avec l’adolescence qui exacerbe tout, en proie à ses doutes et qui règlent ses comptes, à distance, avec ce père qui est parti sans un mot, ce qu’elle a dû comprendre et gérer seule. Des mots simples, de tous les jours ; des phrases courtes qui vous hachent à la mitrailleuse. Des chapitres fugaces qui sont comme de faibles espaces à franchir, à toute allure, entre deux tranchées, avant de repartir au prochain assaut. Au mieux, vous vous en tirez jusqu’à la prochaine. Un livre de survie, bouleversant, terrible et où chaque génération se retrouvera. Vous y tomberez en quelques lignes sans pouvoir n’en plus sortir.

Un vrai talent et un style qui fait mouche à tous les coups.

165 pages – Edité par Flammarion

L'hiver à Lisbonne - Antonio Munoz Molina


Attention livre majeur.
Un superbe moyen de découvrir la richesse de la production littéraire espagnole contemporaine (je vous parlerai bientôt de Javier Marias, autre auteur de génie).
Ce livre est un cocktail unique de suspense policier qui ne dit pas son nom, de fan de jazz, de parcours initiatique dans le Madrid nocturne et d'une histoire d'amour un peu physique, beaucoup rêvée et idéalisée à distance et que le temps va s'amuser à transformer par touches indicibles et invisibles.
Une grande histoire d'amitié, une façon de voir l'autre à travers un récit indirect, de découvrir l'essentiel tout en laissant beaucoup de choses en suspens. Pas de certitudes, juste des probabilités. Comme dans la vie, vous fermerez ce livre en vous posant la question de savoir où et quand l'histoire a ou aurait pu bifurqué(r).
En outre, de superbes pages très écrites et magnifiquement traduites. Un livre dense comme ses personnages.
253 pages - publié au Seuil

20.8.06

Ouverture du blog


Après un crash monumental sous 20six (non, je ne vous recommande pas cet outil et ce en aucun cas), j'ai décidé d'ouvrir un nouveau blog sur blogger.

Celui-ci reprend l'ensemble des notes publiées jusqu'ici (heureusement sauvegardées sous Word) et que plus de 400 d'entre vous ont déjà découvert depuis 10 jours d'existence. L'ancien blog est encore consultable sur www.20six.fr/cetalir mais aucune nouvelle note n'y sera postée faute de fiabilité...

J'espère que vous trouverez du plaisir sur mon nouveau blog, avec une nouvelle mise en page, et surtout des idées ou des tentations pour découvrir des ouvrages qui en valent la peine.

Des petits commentaires, trackbacks etc... seront les bienvenus. Grâce à certains d'entre vous, je sais déjà que vous avez fait quelques découvertes et qu'elles vous ont plu; tant mieux !

Merci à vous par avance pour toute suggestion d'amélioration.

NB : pour mieux me connaître :

Je suis dirigeant d'entreprise dans le milieu informatique et ce depuis près de 25 ans. Malgré tout, je trouve le temps de lire entre 4 et 8 livres par mois et me propose de vous proposer un florilège de mes plus émouvantes découvertes.
Les blogs, j'en entends parler par mes enfants. Je croyais que c'était surtout un truc pour les ados en mal de reconnaissance jusqu'à ce que je découvre la richesse du contenu des blogs d'adultes. Donc, c'est décidé, je m'y mets à mon tour. Si vous voulez me référencer, je vous en remercie d'avance.
Thierry Collet

Bien cordialement

Fred Vargas - Dans les bois éternels


Vous allez sans doute me traiter d'inculte, mais jusqu'à hier, je ne connaissais pas Fred Vargas. Il faut dire que le polar n'est pas mon genre de prédilection.
Mais avec Vargas, on entre de plein pied dans un art porté au sommet : écriture effilée comme le tranchant d'une lame, intrigues serrées et entrecroisées, fausses pistes. Bref, tout pour que vous ne décrochiez pas du bouquin avant d'en connaître le dénouement. C'est bien cela qu'on attend d'un très bon policier, non ?
Aves sa dernière livrée "Dans les bois éternels", Vargas frise l'excellence. Le titre en soi comporte de multiples énigmes. De quels bois s'agit-il : ceux du bouquetin de la photo, ceux des bocages normands où une série d'accidents inexpliqués vont petit à petit révéler leur part de mystère, ceux des cervidés que l'on garde, entre autres (et tout est là comme trophées ?
L'intrigue est serrée et les personnages tous plus attachants les uns que les autres. Bien sûr, il y a le commissaire Adamsberg, flic de génie et quasi mystique, qui agit et pense d'instinct, touchant sous sa couche d'hypersensibilité.
Il y a le Nouveau dont les liens avec Adamsberg s'épaissiront et s'entrechevêtreront au fil des pages. Un type bizarre, traumatisé et qui s'exprime mystérieusement en alexandrins, pas mauvais d'ailleurs !
Il y a Ariane, le médecin légiste, qui pratique d'improbables mélanges à boire et a inventé une théorie sur les "dissociés" qui fait référence. Une femme dont toutes les facettes vous apparaîtront, peu à peu...
Danglart, l'adjoint, un érudit, alcoolique et père de cinq enfants. Un type qui traque les assassins mais qui a la nausée à la vue du moindre cadavre. Le côté terrien du Commissaire, celui qui fait le lien avec sa brigade.
Une bande de gentils alcoolos normands, plus vrais que nature, bien englués dans leur terre et leur gentilles habitudes, bientôt quelque peu chamboulées.
Bref, des portraits superbes, une langue de grande tenue, une imagination débridée, une érudition réelle qui forme la véritable épine dorsale du livre, des histoires qui se croisent et s'entrecroisent jusqu'à vous laisser pantelants.
Environ 3 heures de pur bonheur !
443 pages - Editions Chemins Nocturnes

19.8.06

Falaises - Olivier Adam


Jeune auteur français, Olivier Adam vous entraînera rapidement dans un malaise qui vous colle à la peau. Trop vrai pour ne pas refléter un mal de vivre profond, celui d'une société sans pitié pour les faibles ou les malchanceux.
Si vous êtes à la recherche de romans joyeux, passez votre chemin !
Si la réflexion, le parcours intérieur, l'impact profond que peut représenter le milieu familial, le doute sur les valeurs de la vie, les hésitations face à ses tentations extrêmistes (alcool, drogue, sexe) ne vous font pas peur, procurez-vous "Passer l'hiver" et surtout "Falaises", tous deux publiés aux Editions de l'Olivier.
Une langue essentielle, à nu comme la sensibilité de l'auteur. De nombreuses références littéraires pour les férus. Des livres qui se lisent comme des gouffres : vous y tombez, y êtes aspirés jusqu'à oublier votre environnement immédiat. Des livres choc, à découvrir d'urgence.
Des textes sans concession sur le monde dans lequel nous vivons. Un univers froid, sans pitié et où le hasard d'une rencontre peut tout faire basculer, vous marquer à vie.
Pour une bonne analyse de "Passer l'Hiver", rendez vous sur ce blog.

L'attentat - Yasmina Khadra


Vous n'arrivez pas à comprendre l'engrenage de la violence en ce moment au Liban? Vous fulminez, face à votre impuissance ?
"L'attentat", dernier roman du pseudo Yasmina Khadra, vous apportera des pistes explicatives. En tout cas, une lecture acérée de cette région du moyen-orient dont les familles se déchirent autour de frontières plus ou moins hermétiques.
Un livre circulaire où la scène initiale de cauchemar trouve une terrible répétition en toute fin d'ouvrage, concluant une impossible quête pour comprendre. Une répétition pour souligner le caractère récurrent, inarrétable de la violence.
Comprendre pourquoi une femme parfaitement intégrée à la société israélienne, épouse d'un chirurgien palestinien de premier plan et natularisé israélien part sans sexplication pour se faire sauter, kamikaze volontaire, au beau milieu d'une foule d'enfants.
Bien sûr, il n'y a pas de véritable explication. Seule la violence, aveugle, constante, redoutable. Celle qui vous laisse au mieux sans vie, souvent sans voix, perdu pour vous-même comme pour les autres.
Un livre qui illustre des formes modernes de racisme et d'ostracisme. Un livre sur le totalitarisme, sous quelque forme qu'il soit, islamique ou hébraïque. Un livre brillant, à lire absolument pour réfléchir, s'interroger, tenter de comprendre. Un livre extrême. Un des grands livres 2006.

Javier Marias - auteur, journaliste et anglophone


Si vous aimez la littérature facile, les phrases courtes et percutantes, cet auteur n'est pas pour vous.
Si vous appréciez une langue riche, qui prend son temps pour exprimer les tours et les détours de l'âme d'hommes modernes, vous serez fasciné par Javier Marias.
Javier Marias travaille tout particulièrement ses introductions qui donnent immédiatement le ton et vous plonge sans préambule au sein d'une histoire qui n'était pas vôtre, jusque là du moins. C'est un écrivain qui réfléchit en permanence sur ses oeuvres, allant jusqu'à les commenter, les analyser avec pertinence dans les préfaces qu'il rédige lui-même, sans pédanterie aucune. Bref, des oeuvres denses, intellectuelles comme on aurait dit dans les années 80...
Les personnages sont complexes, travaillés par des sentiments contradictoires, ballotés par des désirs plus ou moins inaccessibles. Quand ils leur cédent, ce sont des vies qui basculent, au sens littéral comme au figuré. Les dégâts sont irréversibles, définitifs et absolus.
Des livres essentiellement nocturnes car la nuit décape les personnalités, les débarrasse de leurs scories pour ne laisser que la vérité apparente.
Des livres où tout se passe dans la tête, où les décisions difficiles se prennent à l'aide du tabac, de l'alcool, de l'abus des plaisirs de la chair. Le tout sans voyeurisme aucun. Juste que l'on pousse le volet pour voir ce qui se passe vraiment, derrière.
Des livres où les apparences tombent, où la vérité apparaît dans toute sa violence potentielle.
Des livres qui demandent du temps à y consacrer pour se laisser découvrir, lentement.
Commencez par "L'homme sentimental", puis "Coeur si blanc" pour aborder un livre plus dense "Demain dans la bataille pense à moi".

Lune de loups - Julio Llamazares


Ce premier roman de Julio LLamazares, auteur et journaliste madrilène, nous plonge au coeur de la résistance qu'opposa vainement la jeunesse ibérique face au franquisme.
Quatre jeunes villageois décident de prendre le maquis et de procéder par raids désespérés pour libérer leur village du joug militaire fasciste. Comment se battre efficacement quand on est en nombre inférieur ? Comment survivre quand tout ravitaillement est impossible ? Comment remercier celles et ceux qui acceptent de vous aider ? Comment trouver l'énergie de poursuivre quand tous autour de vous tombent ? Comment rire quand l'humour et l'amitié sont vos seuls recours ?
Un livre aux scènes hallucinantes mais aussi empreintes parfois d'une magnifique poésie. Vous serez marqué par la détermination dont fait preuve le jeune héros pour visiter son père qui vient de décéder, au nez et à la barbe de la garde civile.
Vous lirez hébétés le passage de la prise de la grange et la façon dont les deux amants décideront de leur sort. Vous rêverez à la contemplation de la scène du fauchage au clair de lune en contrepartie d'une assistance apportée.
Vous vous terrerez dans l'anfractuosité lorsque les balles siffleront.
Vous souffrirez lors des longues marches pour sauver votre peau.
Un beau roman, reposant sur des scènes réelles et historiques, passionnées et passionnantes, qui vous permettra de mieux comprendre ces quatre années martyr et qui ont fait de l'ordre de quatre cent mille victimes civiles. Un court récit que vous dévorerez d'une traite en une heure environ.
A lire au plus vite !

7 millimètres - Thierry Vimal


S'il est des jeunes auteurs qu'il faut encourager, Thierry Vimal en fait définitivement partie.
"7 millimètres" est un pur moment de bonheur. Antoine, trentenaire un brin en marge de la société, ex drogué, ex alcoolique, ceinture noire d'aikido va découvrir juste avant sa compagne Sophie, qu'elle est enceinte.
S'en suivent 9 mois de "couvade", c'est à dire de transfert psychologique et physique de la maternité dans son propre corps. Assurément plus dur d'accoucher symboliquement en tant que père.
7 millimètres, c'est la taille de l'embryon d'après ce que le Net va lui apprendre au premier stade de ses recherches. Il faut dire que la toile est un formidable outil pour se renseigner mais aussi, et surtout du point de vue inconscient d'Antoine, pour projeter ses angoisses, se renseigner sur les plus improbables maladies, malformations, raisons qui feraient que la m(p)aternité pourrait mal tourner.
Il faut dire qu'Antoine est le type parfait du père au foyer. Enfin futur père. Le foyer, il assume. La paternité affectivement oui, psychosommatiquement non ! Attention les dégâts sur lui et autour de lui. Heureusement c'est un brave garçon...
Dans ce livre décapant d'humour, au ton décalé et souvent gentiment acide, Thierry Vimal règle ses comptes avec les codes en vigueur et la surprotection dont font preuve les futures mères dans notre société occidentale. Laurence Pernoud en prend pour son grade. Et pourtant, c'est dur d'assumer sa paternité et tout le monde semble gentiment ignorer sa souffrance à lui.
Alors rien de tel que de tomber véritablement malade, post partum, histoire de prouver que l'accouchement est bien une épreuve physique et symbolique pour un père, celui tout simplement du passage du monde où l'on tâtonne, par touches successives en cherchant à se comprendre soi-même au travers des épreuves qui frisent l'auto-destruction, à celui de l'adulte responsable.
Un auteur résolument moderne, drôle, sympathique et qui vous réjouira. Evitez de le lire en public: on vous regardera bizarrement lorsque vous éclaterez de rire (en gros, une fois toutes les trois à cinq pages !).
Bravo à vous Thierry Vimal.
188 pages - publié aux Editions de l'Olivier

Le Cahier Bleu - Michel Tremblay


Si vous ne connaissez pas la littérature québécoise, voici un auteur contemporain prolifique à recommander. Vous plongerez dans cette oeuvre intimiste, écrite à la première personne, dans le coeur du Montréal de la nuit, ceux des marginaux, des laissés pour compte. Vous ferez la découverte de personnages aussi inattendus qu'attachants (travestis, prostituées, danseuses de cabarets, serveuses de bar...), dans une langue riche et drôle mélant le français traditionnel, les truculentes expressions québécoises et les inévitables mots anglo-saxons. Vous y comprendrez ce que vivre avec un maniaco-dépressif peut signifier, avec ses phases d'exaltation et de dépressions les plus profondes, y découvrirez les limites d'un amour improbable le tout dans un profond respect des particularités. Un livre trés analytique, qui marque écrit en 6 mois par un des auteurs les plus féconds du Canada français. 313 pages, publié chez Actes Sud.

Manta Corridor - Dominique Sylvain


Pourtant, je ne peux pas dire que je sois un fan de polars. Dominique Sylvain, prix des Lectrices ELLE avec Passage du Désir, est un maître du genre. Style moderne, intrigue située dans les quartiers populaires de PARIS, un été caniculaire, des parcours dans les petites rues et les galeries de metro, en péniches aussi sur la Seine. Pas du genre bateau-mouche, ou alors tueuses les mouches.
Des personnages hauts en couleur (une coiffeuse africaine qui invente des proverbes sénégalais pour exprimer ses sentiments, une ex commissaire à la retraite, sa comparse une effeuilleuse américaine qui bute joliment sur notre langue, une série de personnages secondaires attachants ou redoutables, efficacement campés en quelques traits acérés), des crimes en série dont le lien n'apparaîtra que tout à la fin, histoire de bien vous tenir en haleine.
Si vous aimez les rebondissements inattendus, une langue qui percute aussi rapidement et profondément qu'un calibre 9 et que vous voulez passer 3 heures agréables sans vous prendre la tête, ce livre est fait pour vous. Il vous réconciliera avec un genre à part entière et que l'auteur porte haut.
A lire sans attendre !
257 pages - publié chez Chemins Nocturnes.

John Dos Passos - Rossinante reprend la route


La jaquette disait "figure mythique des lettres américaines".
A mon avis, ce n'est pas grâce à ce bouquin, décousu, sans queue ni tête, aggloméré de courtes histoises qui s'entrecroisent au hasard des chapitres. Au moins, cela se lit vite : on ne perd pas trop son temps.
Bref, je n'ai pas aimé !
Si vous êtes d'un avis contraire, je serai ravi de comprendre pourquoi. Dans la vie, c'est en apprenant des autres que l'on progresse, non ?

255 pages - Publié par Grasset