27.1.21

Opéra sérieux – Régine Detambel

 

Rendre compte des voix, surtout si elles servirent les plus belles pages lyriques, est un exercice littéraire des plus délicats. C’est pourtant le défi que s’est lancé Régine Detambel dans son court roman « Opéra sérieux ». Un ouvrage entièrement consacré à Elina Marsch, la fille du ténor préféré de Janacek, née en 1926.

 

La naissance d’Elina causa la mort, lors de l’accouchement, de sa mère le soir même de la création de l’Affaire Makropoulos où triompha son père. Ce dernier n’étant pas homme à rester célibataire, Elina vécut parmi les nombreuses maîtresses d’un ténor qui avait autant de succès sur scène qu’auprès des chanteuses qu’il côtoyait.

 

Très vite, Elina montra de réelles prédispositions pour la musique et le chant. Après avoir émigré avec son père aux États-Unis pour fuir le nazisme, elle fut l’élève de Katleen Ferrier et devint rapidement une soprano recherchée sur les scènes internationales pendant que son père de son côté perdait sa voix et finit par tomber dans l’oubli.

 

Au-delà de ces quelques éléments biographiques qui servent de trame générale au récit, Régine Detambel s’intéresse avant tout aux voix intérieures qui agitent l’esprit troublé d’Elina. Tout commença par un mutisme total, dans les années d’enfance, que seul l’apprentissage et la pratique progressive du chant libéra. Marquée par l’absence de mère, Elina dut s’accommoder des multiples conquêtes d’un père volage et supporta mal la mort de la dernière épouse américaine de celui-ci, danseuse recherchée, en laquelle elle avait fini par trouver une mère de substitution. Lorsqu’un problème aux cordes vocales l’obligea à quitter la scène, ses démons intérieurs prirent le pas et finirent par la mener en pleine folie et à commettre des actes terribles qui amenèrent à la retirer définitivement de la société des hommes.

 

L’auteur parvient habilement à rendre compte aussi bien du tourbillon excitant qu’entraîne le succès artistique international que de la déchéance morale, psychologique et physique qui va finir par précipiter une star du côté sombre de la scène.

 

Publié aux Éditions Actes Sud – 2012 – 136 pages

21.1.21

L’inconnue du 17 mars – Didier van Cauwelaert

 

L’œuvre de Didier van Cauwelaert emprunte depuis toujours des chemins de traverse. Quand ses livres ne nous parlent pas des animaux ou de la vie cachée des plantes, c’est qu’il a saisi une actualité brûlante, un fait divers, une humeur pour en faire une histoire originale destinée à nous interpeler et à nous faire réfléchir. Son dernier roman n’échappe pas à cette règle, bien au contraire !

 

17 mars 2019 : une date qui devrait marquer le XXIème siècle. Pour la première fois, un confinement général, total, est prononcé en raison d’une crise sanitaire, celle provoquée par la Covid-19, qui menace d’emporter notre système de santé. Pour la première fois, le monde s’arrête et des milliards d’hommes et de femmes se trouvent confinés de force pour de nombreuses semaines.

 

Ce jour-là, Lucas, un SDF qui a choisi la rue comme remède à une vie faite d’échecs sentimentaux et professionnels, va voir sa vie bouleversée. Renversé par une voiture, il se retrouve propulsé dans un univers parallèle, en prise directe avec le sosie de son amour de jeunesse débarquée d’une autre planète. Une extra-terrestre chargée par une assemblée de sauver notre planète en employant un moyen inédit : créer et diffuser un virus faiblement létal mais à propagation rapide en vue d’éveiller les consciences humaines et de les appeler à cesser de massacrer la Terre qui les nourrit. Un message pour agir avant d’être balayé, la prochaine fois, par un nouveau virus autrement plus mortel.

 

La mission de Lucas est simple : sauver le monde en trouvant le remède, non pharmaceutique, naturel, écologique mis au point des années avant par le parent qui l’a recueilli, orphelin, et élevé avant de mourir assassiné dans son château.

 

Présenté comme tel, le roman de Cauwelaert pourrait s’apparenter à une grosse farce. Que nenni, il s’agit plutôt d’un très beau conte philosophique à la manière de Voltaire ou des Lettres Persanes. Un conte pour nous appeler à ne pas nous laisser broyer par un climat anxiogène où nos libertés individuelles sont de plus en plus laminées, jour après jour, au motif d’une urgence sanitaire. Une histoire drôle et émouvante, loufoque et originale pour nous rappeler, comme le déclare l’auteur, qu’en période de crise, trois vertus restent essentielles pour réagir et s’en sortir : l’esprit critique, la faculté d’émerveillement et la capacité à rebondir.

 

Une histoire où le complotisme n’est cependant pas loin même si l’auteur s’en défend et préfère parler d’études scientifiques disponibles et consultables, d’expériences probantes que les lobbies en tous genres dénigrent car mettant en péril leurs intérêts privés. On laissera le soin à chacun de se faire sa propre opinion sur le sujet.

 

Quoi qu’il en soit, « L’inconnue du 17 mars » fait souffler un vent de fraîcheur, une brise d’optimisme en ces temps sombres où désespoir, peur, exclusions se combinent pour former un cocktail des plus dangereux pour nos démocraties…

 

Publié aux Éditions Albin Michel – 2020 – 168 pages

 

14.1.21

Le Brésil de Bolsonaro : le grand bond en arrière – Points de vue du Sud

 

Rassemblant une compilation d’articles de chercheurs internationaux, ce riche fascicule vise à mettre au jour les raisons fondamentales qui ont porté un inconnu outsider au pouvoir de l’une des plus grandes puissances économiques mondiales. Vu de l’extérieur, il est sidérant de constater que le nouvel homme fort du Brésil est un ancien capitaine, chassé de l’armée après avoir menacé de faire sauter des bombes dans les casernes, élu député pendant 28 années durant lesquelles il s’est fait remarquer par la vacuité de ses contributions et la seule défense des intérêts partisans de ses anciens frères d’arme, un homme inculte, grossier, raciste et misogyne, dont chaque sortie constitue une nouvelle provocation contre la morale et les règles sociales élémentaires.

 

Les raisons de cette ascension sur lesquelles ces chercheurs s’accordent sans exception sont pourtant limpides. Au premier rang figure le naufrage collectif de la gauche. Un naufrage marqué par une série de scandales politiques mêlant affaires de corruption à grande échelle, règlements de comptes fratricides, procès politique de Lula, coup d’état ayant conduit à la destitution digne d’une opérette de la Présidente Dilma Roussef. L’interdiction faite à Lula de se représenter aux dernières élections un mois tout juste avant le premier tour laissa la gauche paralysée et ouvrit un boulevard à la droite. Un boulevard où s’engouffra Bolsonaro qui usa à outrance des réseaux sociaux pour diffuser fake news en tous genres et déstabiliser tous ses adversaires. Un boulevard qui s’élargit après la tentative d’assassinat à son encontre qui lui gagna sympathie et lui servit de prétexte pour refuser toute participation au moindre débat qui aurait révélé sa nullité absolue. Face à lui, la droite traditionnelle ne sut pas réagir et finit par se ranger derrière cet homme inattendu sorti vainqueur du premier tour. Une alliance rendue possible par la promesse faite à la bourgeoisie, qui vota massivement pour lui, et au monde de l’entreprise de casser l’État rendu responsable de tous les maux du pays, sauf pour ce qui est de la sécurité et de la lutte contre toute forme de délinquance. Le tout supporté par la puissante Église Évangélique qui prêcha outrageusement et sans vergogne pour un candidat disant vouloir faire de Dieu, la Famille et la Patrie la totalité de son programme…

 

Le résultat de cette élection est des plus catastrophiques pour le pays. La quasi-totalité des avancées sociales résultant de vingt années de lutte a été anéantie. L’école est placée entre les mains du privé. Les budgets pour l’enseignement ont été réduits à quasiment néant. Des parcs naturels et les fleurons de l’économie nationale jusque-là détenus par l’État sont cédés à des entreprises privées nationales ou étrangères. L’Amazonie est massacrée. Le droit des minorités bafoué, les révoltes écrasées dans la violence. Jamais le nombre de décès causés par la Police qui n’hésite pas à faire justice de manière la plus expéditive qui soit, n’a été aussi élevé. Le droit des femmes, des minorités est laminé. Le tout justifié par une prolifération de mensonges, d’accusations sans preuves rejetant toute responsabilité sur un ennemi : le monde occidental et le communisme, tout dans le même sac.

 

Face à la contestation internationale et du fait d’une gestion de la crise sanitaire désastreuse ayant fait du Brésil l’un des pays comptant le plus fort taux de décès pour cause de Covid-19, la position de Bolsonaro commence à être fortement exposée. Certains n’hésitent plus à parler ouvertement de destitution d’un homme qui sape les fondements de son pays. Après la défaite et la fin de règne honteuse de Trump sur lequel Bolsonaro s’est aligné, le risque est fort de voir l’armée, présente en force et à des postes clé au gouvernement, prendre le pouvoir et instaurer une nouvelle dictature militaire. Tout va dépendre de la capacité de la gauche à mettre de côté ses différends et à s’unir au sein d’un programme mobilisateur, tirant parti de l’état général de déliquescence néo-nazie dans lequel le pays est en train de s’enfoncer.

 

Un ouvrage essentiel pour comprendre, une fois encore, les dangers du populisme qui ronge une part de plus en plus importante d’un monde devenu aussi fou que suicidaire.

 

Publié aux Éditions Syllepsie -2020 – 165 pages

 

9.1.21

Baby Love – Joyce Maynard

 

Attendre un enfant puis prendre soin du petit être qui vient juste de naître peut être source de joie comme d’intense angoisse selon le degré de désir qui a prévalu à l’intention de grossesse. Pour ces femmes qui se croisent dans une petite ville rurale des États-Unis, le chemin menant à la conception aura pris ou prendra bien des allures différentes. Quatre d’entre elles sont des adolescentes dont l’une est mariée à un garçon immature, à dix-huit ans à peine, et déjà mère d’un petit bébé. Une autre est fille-mère, aussi stupide qu’incapable, engrossée par un type qui s’est tiré dès qu’il eut vent de la nouvelle. Une autre encore vient de tomber enceinte après un rapport frustre et frustrant avec un camarade de lycée qui s’est dépêché d’oublier une expérience fortement alcoolisée. La dernière, ange lumineux et plein de douceur, élève seule son bébé auquel elle voue un amour total, intense, d’une dimension presque aussi mystique que ses rêves d’évasion vers un ailleurs aux senteurs libertaires.

 

Pendant ce temps convergent vers cette bourgade deux autres femmes, un peu plus âgées. L’une vient d’acheter une immense propriété où elle vit seule dans le souvenir dépressif d’une relation amoureuse qui a mal tourné tandis que son voisin, marié à la mère d’une des adolescentes, tombe sous son charme mélancolique. L’autre vient passer avec son compagnon enseignant en art et peintre quelques semaines en pleine nature qui vont changer leur vie et la placer sous le signe multiple de la mère et l’enfant après une rencontre avec la jeune mère solaire et son bébé qui va inspirer au peintre un tableau chargé de poids symbolique.

 

Et tout autour de ces êtres en souffrance rôdent des personnages inquiétants et fous dont les desseins inquiétants et psychotiques vont venir se heurter aux vies de plus en plus chaotiques de ces femmes en pleine tourmente et en total désarroi. Car ce roman polyphonique de Joyce Maynard est sombre, très sombre. Il nous donne à voir et entendre la vie et la voix de jeunes femmes dont les vies entremêlées sont brisées. En cause les déceptions amoureuses, le regard tantôt méprisant, concupiscent ou adoratif des hommes sur elles, la difficulté à trouver sa place, le coût de la vie, le sens même de leur existence terrestre. Toutes rêveraient d’une vie idéale, d’une famille stable et aimante, du genre de celle promise par les radios et les télévisions de cette Amérique encore conquérante des années soixante-dix. Toutes sont en train de sombrer dans la désillusion voire le désespoir comme un Baby Love furtif qui se serait changé en un Baby Blues définitif. Car ne sonnent que de vaines promesses tandis que les échecs ne cessent de résonner.

 

Publié aux Éditions Philippe Rey – 2013 – 302 pages

7.1.21

La fin de l’histoire – Luis Sepúlveda

 

Dans ce roman, l’auteur délaisse l’univers souvent allégorique de ses nombreuses nouvelles pour emprunter les pistes du roman noir. Une route où vient fréquemment planer la fameuse ‘ombre de ce que nous avons été’ qui avait donné son titre au beau roman traduit et publié en 2010. Cette ombre, c’est celle du passé dont on pense s’être affranchi surtout s’il fut lourd, violent et combatif et qui revient planer au-dessus de ces personnages alors qu’ils pensaient avoir définitivement tourné la page et payé leurs dettes.

 

C’est précisément le cas de Juan Belmonte, un homme qui porte le même nom qu’un célèbre torero espagnol, vivant avec sa compagne Veronica en Patagonie, loin de tout. Une distance physique et sociale indispensable pour oublier les tortures infligées et les atroces sévices subis dans les geôles d’Allende pour une femme qui n’a trouvé son salut qu’en se réfugiant définitivement dans le silence. Une retraite nécessaire à celui qui fut tireur d’élite dans les services secrets russes et homme de main chargé de liquider ceux qu’un pouvoir intolérant avait désignés comme indésirables. Et même si l’on pensait finir sa vie tranquille, ceux qui reviennent exiger de vous un dernier service savent bien faire comprendre qu’il n’y aura aucun moyen de refuser.

 

Voilà donc Belmonte reparti sur le terrain où il va se trouver rapidement confronté à son passé. Un passé où plane l’ombre de celui qui fut l’ataman des Cosaques partis combattre aux côtés des troupes nazies du IIIème Reich. Un passé où les anciens agents secrets d’un empire soviétique qui s’est effondré ont repris du service auprès d’employeurs disposés à payer grassement leurs compétences. Un passé où planent les ombres de ce que tous ont été et ne finiront de l’être qu’une fois leur vie achevée dans la violence, la souffrance ou, plus rarement, le repentir.

 

Luis Sepúlveda signe un roman saisissant où l’on découvre l’histoire tragique de ces guerriers cosaques qui firent le pire des choix aux moments les plus noirs du XXème siècle.

 

Publié aux Éditions Métailié Noir – 2017 – 198 pages

 

 

 

2.1.21

Les mille et une vies de Billy Milligan – Daniel Keyes

 Auteur de Science-Fiction, Daniel Keyes fut tellement fasciné par le cas de Billy Milligan qu’il consacra plusieurs années de sa vie à enquêter et interroger en vue de tenter de mieux comprendre le comportement fascinant d’un homme qui allait défrayer chroniques et passions aux États-Unis tout au long d’une décennie.

 

Tout commencera par l’arrestation de Billy Milligan dans des circonstances assez rocambolesques suite à trois tentatives de viol perpétrées sur le campus d’une petite université américaine. Très rapidement, le comportement de l’intéressé constaté tant par les victimes que les policiers ou les avocats chargés de sa défense intrigua au plus haut point. Sans autre transition qu’un cillement du regard, Billy Milligan se transformait immédiatement en une personne radicalement différente de celle observée dans les secondes précédentes. Ses attitudes changeaient tout comme sa voix, son accent, son vocabulaire et sa syntaxe. Un syndrome que l’on caractérise par celui des personnalités multiples. Un syndrome dont on ne sait pas grand-chose et encore loin de faire l’unanimité tant dans le milieu médical que judiciaire.

 

Confié, après une lutte judiciaire intense, aux soins temporaires d’une institution psychiatrique, le médecin qui avait accepté de le prendre en charge fut très vite convaincu de la réalité du syndrome. Billy Milligan, très jeune, fut victime de sévices sexuels répétés de la part de son père et inventa comme mécanisme de défense la convocation de diverses personnalités totalement cloisonnées et chacune chargée d’une mission bien précise. Une fois le processus enclenché, il ne fit que se développer au point de développer jusqu’à vingt personnes toutes différentes, ayant chacune leur propre histoire, leur rôle bien précis et qui vont « se mettre sous la lumière du projecteur » lorsque les circonstances le nécessiteront.

 

Le plus formidable dans ce travail d’enquête de Daniel Keyes est de nous rendre compte avec un réalisme saisissant de la façon dont les choses se passent, de nous projeter quasiment à l’intérieur même de l’esprit de Billy Milligan au fur et à mesure que ses progrès thérapeutiques lui permettent de mieux exprimer lui-même la façon dont les choses se passent. Oubliez alors toutes vos références habituelles et plongez dans un monde où se succèdent un aristocrate anglais chargé de mettre un peu d’ordre aidé pour cela d’un Serbe spécialiste des armes et capable de neutraliser n’importe-quel agresseur en un tour de main, tandis que des adolescents rebelles font les quatre-cent coups, qu’un artiste peintre réalise des tableaux sublimes, qu’un jeune garçon se charge d’encaisser toutes les douleurs, qu’une jeune femme cherche sans cesse l’amour et qu’une enfant regarde mutique ce qui se passe. Et encore ne sont-ce là que quelques-unes des personnalités à se saisir du projecteur à une fréquence d’autant plus rapide que le stress augmente.

 

Pour soigner ou, à tout le moins, contenir ce syndrome il faut des médecins spécialistes et un environnement calme et de confiance. Des conditions difficiles à réaliser quand la presse se déchaîne envers celui qu’elle considère comme un monstre dangereux pour le public et que le système judiciaire est systématiquement plus enclin à punir et enfermer dans des conditions de violence qu’à soigner. L’autre grande réussite de ce livre fort documenté et poignant est de rendre compte de la façon dont le système judiciaire américain fonctionne et comment il rend toute issue positive impossible.

Malgré un style journalistique très basique, le livre se lit avec passion tant tous nos repères sont bouleversés, tant s’ouvre sous nos yeux un abîme insondable, tant la pièce de théâtre qui se joue sans cesse dans l’esprit de Billy dénote une sensibilité et une intelligence très supérieures à la normale mais écrasées par le poids d’une maltraitance enfantine que le monde des adultes n’aura guère considérée et allégée.

 

Publié aux Éditions Livre de Poche – 2007 – 637 pages

 

 

 

24.12.20

Mécanique de la chute – Seth Greenland


Plus haute est l’ascension, plus dure sera la chute. Voilà le propos de cet épais roman de Seth Greenland, mélange de vaudeville, de thriller et d’analyse sociale sans concession de la société américaine contemporaine.

 

Là-bas, on admire plus que tout la réussite sociale, celle des bâtisseurs d’empire à qui tout réussit : les affaires, la fortune, les femmes, l’influence. Jay est l’un de ceux-là. Juif travailleur et supérieurement intelligent, il a su faire de l’entreprise encore modeste de son père un empire immobilier tentaculaire principalement installé dans la ville de New-York. Milliardaire, il vit dans des résidences luxueuses et est marié à une superbe femme bien plus jeune que lui. En-dehors de ses affaires, sa grande passion est pour le basket-ball au point qu’il possède une équipe de la NBA en passe de se qualifier pour les play-off’s.

 

Mais parfois, il suffit d’un grain de sable pour qu’une belle mécanique s’enraye. Tout viendra du caprice du joueur vedette de son équipe de basket-ball décidé à renégocier son contrat dans des conditions que ses prestations sur le terrain ne justifient plus vraiment.

 

Sans entrer dans le détail d’un thriller au demeurant assez bien ficelé, disons simplement que Seth Greenland rend très bien compte de la façon dont fortune et gloire peuvent s’évaporer pour peu que l’on commette un faux pas plus ou moins grave. Dès lors, l’exposition sociale, financière et politique se retournent contre ceux qui en ont joui pour devenir le prétexte à un déchaînement médiatique féroce sur lequel vont venir se greffer de médiocres ambitions personnelles tentées de profiter de l’occasion pour obtenir ce qu’elles n’ont jamais pu parvenir à avoir faute du talent pour s’en emparer. Et lorsque la pression devient trop intense, la faute fatale n’est plus très loin ce qu’illustrera l’auteur à foison dans un roman mal écrit (le style et le vocabulaire en sont d’une pauvreté navrante) mais bien construit. Un page turner typique pour satisfaire un public peu exigeant.

 

Publié aux Éditions Liana Levi – 2018 – 669 pages