12.3.19

La disparition de Stéphanie Mailer – Joël Dicker



Depuis « La vérité sur l’affaire Harry Québert », formidable premier roman qui s’est vendu à plus de trois millions d’exemplaires (excusez du peu !), chaque nouvelle parution de celui qui est désormais considéré comme un maître du polar chic est attendue avec impatience par une horde de fans.

Disons-le tout de suite : le troisième opus de l’auteur à succès ne marquera pas fortement les esprits.

Pourtant, tout avait bien commencé avec cet art consommé d’un maître du genre pour créer un climat et une situation à la fois dramatique et intrigante propre à saisir le lecteur par le col et le plonger de force dans ce que l’on pense être un « page turner ». Et cela fonctionne à vrai dire plutôt bien dans le premier tiers du roman. Pensez donc : une jeune journaliste, Stephanie Mailer, semble avoir la preuve que le quadruple meurtre du Maire de la ville d’Orphean, dans les Hamptons, de son épouse et son fils ainsi qu’une joggeuse qui passait malencontreusement par-là au mauvais moment, affaire élucidée vingt ans plus tôt par un duo de jeunes flics pleins de talent, et bien, dis-je, que celui qui fut considéré comme le meurtrier coupable était en réalité innocent ! De quoi sonner sérieusement celui devenu Capitaine à la Criminelle d’Etat à la veille de son départ anticipé à la retraite ainsi que son acolyte qui a, depuis sans que l’on en sache la raison, demandé sa mutation aux affaires administratives où il végète. Dès lors, voici un duo qui se reconstitue bien décidé à rouvrir l’enquête et y apporter une réponse sans la moindre ambiguïté. Il y va de leur honneur !

Mais, à force de vouloir multiplier les coups de théâtre, les fausses pistes, les petites confessions et les coïncidences, Joël Dicker (qui semble décidé à commettre un gros pavé) finit par accoucher d’une histoire manquant de vraisemblance et dont le lecteur se désintéresse peu à peu. Quand, en outre, la fin se présente sous la forme de happy end doucereuse à l’américaine, on se dit que l’auteur, lui aussi, a dû finir par se débarrasser d’une histoire devenue quelque peu encombrante et maladroite.

Sans être mauvais, le roman est simplement juste moyen, trop long et très loin de la surprenante et inégalée, depuis, qualité du premier livre de l’auteur. Dommage !

Publié aux Editions Fallois – 2018 – 635 pages